La présence problématique des bernaches dans le sud du Québec

Le passage des voiliers de bernaches sonne l’arrivée du printemps pour de nombreux Québécois!

Les bernaches ont en effet passé l’hiver sur la côte Est américaine et sont de retour au terme de leur migration. Ayant fourni un effort considérable, elles s’alimentent intensément dans les champs agricoles et sur les pelouses avant de se mettre rapidement à la recherche d’un site de nidification adéquat. 

Les populations dans le sud de la province auraient d’ailleurs connu une augmentation considérable au cours des dernières années, ce qui serait notamment dû à l’expansion des terres agricoles aux dépens des zones boisées, à la diminution de la pression de chasse ainsi qu’à des taux de survie et de reproduction très élevés à nos latitudes. Comme la bernache du Canada est un oiseau qui s’adapte très bien à la présence des humains, elle est fréquemment observée dans les lieux publics tels que les parcs et les plages, si bien que sa présence est souvent considérée comme indésirable aux yeux de plusieurs.

Pourquoi les bernaches fréquentent-elles les lieux publics?

La bernache du Canada se nourrit principalement de jeunes pousses et de plantes herbacées, incluant, vous l’aurez deviné, les pelouses ! Les grandes étendues gazonnées des parcs publics sont donc des aires d’alimentation prisées par ces oiseaux, d’autant plus si elles se trouvent à proximité d’un plan d’eau. Si tel est le cas, les bernaches peuvent aussi y trouver des sites de nidifications adéquats où elles pourront ensuite élever leur progéniture en sécurité, les risques de prédation étant peu élevés en milieu urbain. En ville, l’interdiction de chasser les bernaches contribue aussi à l’augmentation des populations locales, de même que le nourrissage artificiel par les citoyens, lequel peut provoquer un phénomène de fidélisation. 

Quels problèmes les bernaches peuvent-elles causer?

La bernache du Canada consacre une douzaine d’heures par jour à se nourrir et peut produire jusqu’à 1 kg de fientes quotidiennement ! Or, ces fientes posent un problème au niveau de la salubrité et de l’esthétique des lieux publics, empêchant dans certains cas une utilisation sécuritaire (et agréable!) des aires de pique-nique ou des terrains sportifs par les citoyens. Les fientes peuvent être retirées (manuellement ou mécaniquement), ce qui engendre toutefois des coûts d’entretien élevés. Lors des fortes pluies, le lessivage des fientes de bernaches vers un lac ou un étang peut également affecter la qualité de l’eau, provoquant, par exemple, des fermetures de plages ou l’annulation d’activités liées à la pratique de la pêche.

Dès le mois d’avril, il est possible d’observer certaines bernaches pouvant se montrer particulièrement agressives puisqu’elles sont en période de reproduction. Parfois, elles osent même s’en prendre aux citoyens qui s’approchent trop de leur nid! Il est important de noter que selon le Règlement sur les oiseaux migrateurs, il est interdit de déranger, de détruire ou d’avoir en sa possession des œufs de bernache. Comme la couvée d’un couple de bernaches compte habituellement entre 4 et 10 œufs, il n’est pas difficile d’imaginer une importante hausse de certaines populations locales durant l’été ! 

Contrôle aviaire, les solutions envisageables

Dans le but d’assurer une bonne cohabitation à long terme entre les bernaches et les utilisateurs d’un lieu public, ARTÉMIS recommande la mise en place d’un programme complet de gestion de la faune incluant des méthodes passives (végétalisation des rives, installation de filets anti-bernaches, etc.) ainsi que des techniques actives (effarouchement, stérilisation des œufs, etc.). Certaines de ces méthodes nécessitent la délivrance d’un permis de la part du Service canadien de la faune. La réussite d’un tel programme passe également toujours par la sensibilisation des usagers quant à l’interdiction de nourrir la faune sauvage.