Les bernaches de retour en grand nombre à Terrebonne

Depuis plusieurs années, on remarque la présence de plus en plus nombreuse de bernaches du Canada sur l’Île-des-Moulins et l’île Saint-Jean, mais aussi aux abords de la rivière des Mille Îles dans le secteur Lachenaie.
 
Si leur départ se fait parfois tardivement (on en voit encore au mois de décembre), ces oiseaux migrateurs sont de retour en force dès la fonte des glaces. La Ville de Terrebonne tient à rappeler aux citoyens qu’il ne faut pas nourrir les animaux pour protéger sa riche faune diversifiée et les habitats naturels. Également, à compter de ce mois d’avril et pendant plusieurs semaines, des techniciens et biologistes spécialisés en gestion de la faune utiliseront diverses méthodes pour encadrer la population de bernaches du Canada présente sur les deux îles.
 
Gérer la présence des bernaches
 
C’est la firme spécialisée en gestion de la faune Artémis qui a été mandatée par la Ville de Terrebonne pour encadrer la présence des bernaches sur son territoire. « Il y a deux façons de contrôler la population des bernaches sur un territoire donné, soit la méthode passive et la méthode active », mentionne d’entrée de jeu Marie-Ève Castonguay, directrice générale d’Artémis et technicienne en environnement. « La première consiste à sensibiliser les gens à ne pas les nourrir. Elles en viennent à développer de nouveaux comportements comme ne plus craindre les humains, ce qui les rend vulnérables aux dangers. Il y a aussi la végétalisation des berges afin qu’elles n’envahissent pas les terrains privés et publics comme les parcs. Il y a également l’installation de filets anti-bernaches d’un peu plus d’un mètre de haut. Vous allez me dire qu’elles peuvent les survoler. En période de nidification et d’élevage (mi-juin et fin juillet), les bernaches sont moins portées à voler, ce qui rend les filets efficaces. Il y a la méthode active en utilisant des chiens entraînés à poursuivre les bernaches. Ça crée un effet de prédation. En milieu urbain, on retrouve peu ou pas de prédateurs pour les bernaches, alors il faut leur donner l’impression qu’il y en a », explique Mme Castonguay.
 
Cette dernière connaît bien son sujet. « Ça fait une dizaine d’années – et à Terrebonne depuis 2016 – que nous travaillons en matière de contrôle des bernaches. Nous en sommes devenus les spécialistes », dit-elle.
 
Le surpeuplement de cette espèce dans un secteur restreint peut entraîner la dégradation de l’habitat. Il a aussi comme conséquence d’encombrer ces espaces, en plus de causer des désagréments pour les visiteurs à cause des excréments des bernaches et en raison de leur comportement parfois agressif pendant la période de reproduction. Le contrôle des bernaches s’impose donc année après année.